Nam mai 2017

Date de parution: 16.05.2017

éditorial
Ce que j’attends de l’armée

Il ne devrait pas être nécessaire de rappeler ici à quel point les défis sécuritaires sont devenus complexes. Vouloir protéger notre pays et notre population face à une multitude croissante de risques, dangers et menaces requiert une palette de réponses extrêmement variée et flexible. La coopération, la mise en réseau national de nos moyens de sécurité est - et reste - la base de notre conception de sécurité collective. L’armée est l’un de ces moyens, et elle doit être disponible pour contribuer de manière adaptée, mais aussi décisive, à la constitution de réponses efficaces en vue d’assurer notre sécurité.

J’attends de notre armée qu’elle soit apte à être engagée au bon moment, au bon endroit, avec des moyens adéquats, pour fournir les bonnes prestations!

Il est question ici non seulement de la qualité et de la quantité de l’engagement, mais aussi de la disponibilité des troupes. J’y vois un double défi: dans la prestation initiale et dans la capacité à durer. La prestation initiale, dans la bonne combinaison des moyens, devient un facteur décisif du succès, eu égard à la complexité et à la soudaineté des événements.

Si l’armée n’arrive pas à se déployer rapidement et à maintenir des moyens adaptés aux tâches du moment, tout ce qu’elle aura consacré à s’équiper et à s’entraîner durant des décennies n’aura servi à presque rien! C’est pourquoi je mets dans cette disponibilité des moyens à peu près autant de valeur que dans la qualité de la prestation elle-même. C’est crucial pour faire face à l’éventail dynamique des risques, et c’est le défi majeur du système de milice.

Dans ce contexte, je reste convaincu que le DEVA constitue la meilleure option pour le développement et la flexibilité de notre outil militaire. J’attends donc de l’armée qu’elle mette en œuvre ce DEVA sans retard, sans hésitation et sans compromis (sachant bien que le modèle décidé est déjà le fruit de divers compromis). J’attends surtout qu’on aille de l’avant, sans mettre sur la table de vieilles idées, qui furent peut-être bonnes mais qui n’en demeurent pas moins vieilles, ni les propositions – peut-être bonnes elles aussi – qui ont été écartées lors de la phase de conception, et que l’on chercherait à revitaliser par la petite porte. En matière de sécurité, la nostalgie ne sert à rien. Décidé, c’est décidé, et on tire à une seule et même corde!

D’autre part, j’attends une haute qualité de l’instruction et de l’entraînement des troupes. Ce n’est certes pas la raison d’être de l’armée, mais c’est un élément central du concept de milice. L’armée de milice n’est engagée que lorsque cela est nécessaire, mais elle doit être entraînée régulièrement, avec professionnalisme - ce qui n’a rien à voir avec professionnel! C’est la qualité de cet entraînement qui doit justifier la mise sur pied régulière des corps de troupe, la ponction que l’on fait sur l’économie et sur la vie privée de nos cadres et soldats.

De ce fait, et en parallèle, j’attends une haute qualité de la conduite, tant pour mener à bien l’entraînement que pour créer les conditions favorables au succès des engagements. Cette qualité de la conduite est aussi une prestation que les cadres doivent à leurs subordonnés. 

Et finalement j’attends que l’on appréhende le problème des équipements avec pragmatisme et objectivité. On pourrait certes rêver en permanence du nec plus ultra. Ce serait justifiable car il est de notre devoir de donner à la troupe le maximum de chance de réussir ses missions. Mais ne confondons pas le nécessaire et le souhaitable !

J’attends donc qu’on définisse des priorités et qu’on s’y tienne, qu’on apprenne à se contenter de ce qu’on a (comme le font beaucoup d’armées étrangères), et qu’on espère – car il ne faut jamais désespérer ! – que des moyens supplémentaires nous soient attribués. Mais il ne faut pas rêver: l’état des finances fédérales et surtout les grands financements requis par notre société en mutation ne laisseront qu’une place modeste - mais malgré tout pas nulle - au budget de la défense. 

Restons concrets: je suis convaincu que notre armée est en mesure de répondre aux défis actuels, et le DEVA l’aidera dans ce sens, car il correspond à nos besoins et à la situation, et non pas à des vœux théoriques. J’attends qu’on le mette en œuvre sans «si ni mais», qu’on garantisse la disponibilité des forces, et qu’on se concentre plus sur l’atteinte des résultats que sur la critique des conditions-cadre.

J’attends qu’on aille de l’avant

•Pour se tenir prêt à assurer les prestations demandées,

•Par respect des attentes du Parlement et du Conseil fédéral,

•Par respect des attentes de la population,

•Et par respect des obligations faites aux citoyennes et citoyens en uniforme.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral

sommaire

Photo de Une

8-9

Vendredi 3 mars, à Sion, des candidats aux grades de sergent-major d’unité, fourrier et quartier-maître ont obtenu des qualifications intermédiaires 

Or donc...

4

Dissolution d’une grande unité, la Brigade d’infanterie de montagne 10 à Saint-Maurice.

La chronique de MMG

5

Il faut se méfier du feu qui couve sous la cendre. Il peut à tout instant se rallumer et déclencher un incendie.

Chronique fédérale

6

Le nouveau virus à la sauce américano-nord-coréenne donne envie de pleurer.

Bilan du Chef de l’armée

10

Les 100 premiers jours du cdt C. Philippe Rebord.

Bat de carabiniers 1

12

Le commandant remet l’étendard.

Base aérienne 14

15

De Sion à Payerne, l’aventure continue.

Les grands rapports

17

Rapport de la Formation d’application d’infanterie.

SVO

18

Assemblée générale à Montreux.

Revue Notre Armée de Milice
Jean-Hugues Schulé
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